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27.04.2008

dimanche soir

Les dimanches soir sont toujours un peu spéciaux. J'ai toujours ce que Baudelaire appelait le spleen. Et puis j'ai encore rien foutu du week-end, réunion de famille oblige... Je déteste vraiment ces grands rassemblements. Je crois que c'est à cause des affreux moments que j'y ai passé quand j'étais enfant.

Niveau boulot, je suis en réanimation, la voie vers laquelle je m'oriente a priori. Ma première garde lundi dernier ne m'a pas vraiment enthousiasmé, il faut dire que c'est de la réa chir, et je trouve que les anesthésistes agissent beaucoup par automatisme.

J'admire cependant la façon dont ils gèrent le traitement symptomatique, à part peut-être leur facheuse tendance à "relancer la diurèse" au furosémide chez les patients oliguriques ( ce qui, bien évidemment ne change rien à la filtration glomérulaire, et aurait même plutôt tendance à aggraver l'insuffisance rénale fonctionnelle, cependant cela semble avoir d'indéniables effets anxiolytiques, pour le médecin, bien sur...)

Niveau coeur, j'enchaîne les échecs, et je n'arrive même plus à "choper" en soirée.

Je crois que j'ai perdu mon Mojo.

Je bois trop, je parle trop, je raconte ma vie à des filles que je connais depuis 2 heures, et qui, bien évidemment s'enfuient en courant.

Je crois que j'ai besoin de me confier à quelqu'un, et que c'est pour ça que je parle aux inconnues que je ne reverrais probablement plus.

J'ai de bon amis, mais j'ai des réticences à leur faire des confidences, j'ai toujours réglé mes problèmes seul, la faute peut-être au fait d'être l'ainé, et à des parents trop instables pour être vraiment sécurisants.

Et puis je ne supporte pas la pitié dans les yeux de mes amis, qui sont tous heureux en couple, leurs silences gênés quand je leur explique mon désir de trouver quelqu'un avec qui partager un peu d'affection.

Ce n'est pourtant pas faute de rencontrer de charmantes filles, mais je me met trop de pressions, mes sourires sont crispés, j'ai perdu la confiance "I lost my Mojo".

J'ai pourtant un physique plutôt agréable, les gars de la promo ne se lassent d'ailleurs pas de me faire remarquer que j'ai "chopé" toutes les plus jolies célibataires de la fac, mais quand je leur propose d'aller plus loin, d'essayer de commencer un truc, elles se ferment comme des palourdes... (je ne sais pas si la métaphore est des plus heureuses, mais c'est tout ce que j'ai trouvé ;))

Et puis il y a les "pas mal" "mais pas si bien que ça" je sens la chaleur dans leurs yeux, mais mon côté obsessionnel et perfectionniste m'empêche d'aller plus loin, parce que je sais comment ça se termine, et parce que je ne supporte pas de faire du mal aux gens, et en particulier à ces filles. Je l'ai fait deux fois dans ma (courte) existence et je ne veux plus le refaire, et peu importe si ça fait six mois sans sexe, et si les films porno s'accumulent sur mon PC.

Je me sens soulagé, ça fait vraiment du bien d'écrire, je te prie de bien vouloir m'excuser, Ô lecteur, de t'avoir ennuyé avec ces quelques lignes défouloir, je suis bientôt de garde aux urgences, et je te promet des histoires croustillantes à souhait.

A bientôt, lecteur mon amour 

Commentaires

Je t'inviterai bien aux soirées médecine de ma fac... les meilleures de Paris ! Tu chopera, ça c'est sûr !

J'espère que c'est un passage à vide, comme on en a tous... l'externat doit catalyser ce genre d'état.

Bon courage !

Ecrit par : Nicolas (Klausdene) | 04.05.2008

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